Michel Wieviorka : Pour une démocratie de combat - Discussion avec Axel Honneth

Pour une démocratie de combat

Déclin des systèmes et des partis classiques, mise en cause de la représentation politique, montée du populisme et des nationalismes, emprise des fake news, tentation de la violence... Force est de constater la fragilité, aujourd'hui, de la démocratie. Alors que soufflent les vents mauvais de l'extrémisme, de l'autoritarisme, du racisme, de l'antisémitisme, du terrorisme, comment défendre ce bien commun qui nous semblait acquis mais ne l'est pas ? Face à ces maux qui minent nos sociétés et qu'il décrypte en profondeur, Michel Wieviorka interroge la place et le rôle des sciences humaines et sociales. Il y invite le meilleur de sa discipline – la raison, la connaissance de l'histoire, l'imagination sociologique, l'esprit critique – à se mettre (se remettre ?) au service de l'idéal démocratique.
 
Pour une démocratie de combat (Editions Robert Laffont, 2020) est un ouvrage pionnier qui conjugue une orientation authentiquement citoyenne, des propositions théoriques et méthodologiques exigeantes et des pistes concrètes pour une démocratie vivante et active. Indispensable en ces temps de perte de repères, de fureur et de démoralisation : à coup sûr un livre de référence.
 
 
Les intervenant·e·s :
 
Le sociologue Michel Wieviorka, docteur d'État ès Lettres et Sciences Humaines, directeur d'études à l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), est le Président du directoire de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme (FMSH). Ses recherches ont porté et portent sur le conflit, le terrorisme et la violence, sur le racisme, l'antisémitisme, sur les mouvements sociaux, la démocratie ainsi que sur les phénomènes de différence culturelle. Après avoir dirigé la collection « Voix et Regards » aux Editions Balland, il a aujourd'hui la responsabilité de la collection « Le monde comme il va » aux Editions Robert Laffont, et avec Julien Ténédos de la collection « Interventions » aux Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme (MSH).
 
Le philosophe et sociologue Axel Honneth était directeur de l'Institut de recherche sociale à Francfort-sur-le-Main en Allemagne entre 2001 et 2018. Depuis 2011, il est professeur à l'université Columbia à New York. Il a étudié la philosophie, la sociologie et la germanistique à Bonn et à Bochum et poursuivi sa carrière académique notamment à l'université libre de Berlin, à l'Institut Max Planck de Munich et à l’Université de Francfort, où il a repris la chaire de Jürgen Habermas. Dans le champ de la philosophie sociale et pratique, Axel Honneth est aujourd’hui associé au projet de relancer la théorie critique amorcée par l’École de Francfort au moyen d’une théorie de la reconnaissance réciproque, dont il a formulé le programme dans La Lutte pour la reconnaissance (Suhrkamp, 1992 pour l’édition originale allemande, Gallimard, 2013 pour la traduction française).

Barbara Carnevali est une ancienne élève de la Scuola Normale Superiore di Pisa (Italie). Elle a achevé sa formation aux États-Unis et en France avant d’être élue à l’EHESS, où elle est membre du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (CESPRA). Elle a été fellow de la Fondation Fulbright à l'université de Chicago, à l’Institut d’Études Avancées de Paris et à l’Italian Academy for Advanced Studies de l'université Columbia de New York.  Elle est membre du comité éditorial de l’European Journal of Philosophy et commissaire scientifique du Festival Italien de la Philosophie. Le fil conducteur de ses recherches est celui de l’esthétique sociale, c’est-à-dire l’approche originale qui reconnaît dans l’esthétique une dimension constitutive de la société humaine. Elle est notamment l’auteure de Romantisme et reconnaissance. Figures de la conscience chez Rousseau (Droz, 2012) et de Social Appearances. A Philosophy of Display and Prestige (Columbia University Press, 2020).

Dans le cadre du projet Le livre politique, en partenariat avec le Goethe Institut Paris.