Couverture ATLAS DU PLASTIQUE 2020
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Atlas du Plastique

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ERRATUM :

  • p.13, graphique en bas de page : en raison d'une erreur du site Statista, les données pour la France et pour 2016 sont erronées. La moyenne européenne de 2016 est selon Eurostat de 31,91 kg par personne. Chaque Francais produisait 32,65 kg de déchets issus d'emballages plastique en 2016 (et non moins de 30 kg comme le laisse entendre la carte). Ce graphique et sa légende seront corrigés très prochainement.

AVANT PROPOS :

Nous vivons à une époque où nous touchons plus souvent du plastique que nous ne touchons ceux que nous aimons. Le plastique est partout : dans l’air, dans l’eau et dans le sol. Il a été, et reste un moteur puissant de la mondialisation. Et même pour les citoyens sensibilisés, le plastique est pour ainsi dire incontournable, et réussir à s’en passer est un défi.

Nous commençons tout juste à appréhender les effets de notre dépendance mondiale à l’égard de ce matériau. Ce qui le rend utile est précisément ce qui en fait un produit nocif : constitué de chaînes moléculaires trop résilientes pour se biodégrader, il dure longtemps. Sa dégradation a en outre des effets néfastes sur la nature et sur les êtres humains. Où qu’ils aillent, les scientifiques qui cherchent du plastique en trouvent, y compris aux confins de la planète. Et non content d’être omniprésent dans notre environnement, il l’est aussi dans nos corps.

L’espèce humaine est contaminée par le plastique, et pas uniquement via les poissons qui en ont ingéré et que nous mangeons. Le plastique pollue à tous les stades de son cycle de vie, depuis l’extraction du pétrole et du gaz nécessaires à sa production jusqu’au moment où il est jeté n’importe où, mis en décharge ou brûlé.

La consommation et la production de plastiques connaissent une accélération sans précédent : plus de la moitié de toutes les matières plastiques ont été fabriquées depuis 2005. Le marché est entre les mains d’une poignée de multinationales qui tirent notamment profit du gaz de schiste américain : elles projettent en effet de construire plus de 300 unités de production et d’en agrandir dans l’espoir de commercialiser 40 % de matières plastiques en plus d’ici 2025.

Toutefois, les entreprises productrices de plastiques et de substances pétrochimiques sont de plus en plus sous la pression des mouvements d’opposition qui gagnent en importance. Mais si elles commencent tout juste à reconnaître leurs responsabilités en matière de pollution, elles continuent toutefois à rejeter leur responsabilité sur les consommateurs.

Et pourtant : dans les nouvelles zones géographiques où elles investissent massivement – Asie, Afrique, Amérique du Sud – les infrastructures de gestion et de recyclage des déchets sont très en retard par rapport à celles des pays de l’hémisphère nord. Face à cette réalité, un mouvement baptisé « Break Free From Plastic », fort de 1800 entités de la société civile, travaille partout dans le monde à porter un coup d’arrêt définitif à la pollution due au plastique. Car les solutions existent, et elles essaiment, partout à travers le monde.

La France a encore beaucoup à faire. Si elle a récemment adopté une nouvelle loi sur l’économie circulaire, elle doit, main dans la main avec l’Allemagne, et avec les autres pays européens, être à la hauteur de ses responsabilités dans la crise du plastique et montrer la voie vers un monde où le plastique n’est plus automatique.

L’Atlas du plastique est le fruit d’une coopération entre la Fondation Heinrich Böll et le mouvement Break Free from Plastic. Vous y trouverez les faits tangibles, les données et les chiffres qui montrent l’ampleur de la crise du plastique et la nécessité d’y répondre rapidement et à tous les niveaux. Avec cette édition francophone, réalisée par le bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll, en coopération avec La Fabrique Écologique et avec les bureaux de Dakar, Rabat et Tunis, nous entendons rendre compréhensible au public francophone une question majeure – qu’il s’agisse de l’Europe, fortement consommatrice de matière plastique, ou de l’Afrique, continent pionnier des interdictions de sacs plastiques, mais également nouveau terrain de jeu des multinationales du plastique - comment résoudre la crise du plastique ?

Dans la présente déclinaison française de l’Atlas, nous montrons que la France a encore beaucoup à faire. Si elle a récemment adopté une nouvelle loi sur l’économie circulaire, elle doit, main dans la main avec l’Allemagne, et avec les autres pays européens, être à la hauteur de ses responsabilités dans la crise du plastique et montrer la voie vers un monde où le plastique n’est plus automatique.

Ensemble, à l’échelle locale, nationale et globale, nous devons nous engager pour une baisse rapide et drastique de la production et de la consommation de plastique, et pour faire adopter des législations s’attaquant aux racines mêmes de cette pollution. Face à la crise que nous traversons, les solutions existent : il faut réduire drastiquement la commercialisation des matières plastiques, instaurer et soutenir des communautés et des villes zéro déchet et introduire des modes de livraison durables et des produits réutilisables. Les pouvoirs publics doivent également tenir pour responsables les sociétés qui contribuent à l’heure actuelle à la crise du plastique et en tirent profit. Et les citoyens doivent exiger des actes et des solutions tangibles de la part de leurs décideurs afin que nos écosystèmes et nos corps soient libérés du plastique et de ses additifs toxiques.

  • Barbara Unmüßig, Présidente de la Fondation Heinrich Böll
  • Jens Althoff, Directeur du bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll
  • Lucile Schmid, Vice-Présidente de La Fabrique Écologique
  • Stiv Wilson, Producteur exécutif de The Story of Plastic
  • Delphine Lévi-Alvarez, Coordinatrice européenne du mouvement Break Free From Plastic

 

 

 

 

Product details
Date of Publication
3 mars 2020
Publisher
Heinrich-Böll-Stiftung France
Number of Pages
58
Licence
Language of publication
Francais
Table des matières

TABLE DES MATIÈRES

02 MENTIONS LÉGALES

06 AVANT-PROPOS

08 12 INFOS CLÉS SUR LE PLASTIQUE ET LA PLANÈTE

10 HISTOIRE – LA MODE DU VINYLE

Les premières matières plastiques imitaient l’ivoire et la soie et ne touchaient qu’un marché limité. Le secteur a décollé après la Seconde Guerre mondiale avec la montée en puissance du PVC. Très vite, les plastiques bon marché ont conquis la planète entière.

12 SOCIÉTÉ – UNE CULTURE DU TOUT JETABLE

Jusque dans les années 1950, les hommes avaient le même respect pour le plastique que pour le verre ou la soie. Puis, l’industrie des biens de consommation a découvert les avantages des polymères, donnant naissance à un mode de vie toujours plus générateur de déchets.

14 USAGES – PLASTIQUE PARTOUT

Le plastique est devenu indispensable. On en trouve dans les sacs, les smartphones ou les tableaux de bord des voitures. Mais près de la moitié des produits qui en sont faits finissent sous forme de déchets au bout de moins d’un mois. Seule une fraction est recyclée.

16 SANTÉ – (AL)CHIMIE ALIMENTAIRE

Les répercussions de la production effrénée de plastique sur l’environnement ne sont plus un secret pour personne. En revanche, ses conséquences sur la santé humaine – depuis l’extraction des matières premières jusqu’à l’élimination des déchets – sont moins connues.

18 INÉGALITÉS DE GENRE – LES FEMMES SUREXPOSÉES AU PLASTIQUE

Les femmes sont plus affectées par les plastiques que les hommes, pour des raisons biologiques notamment : leur corps réagit différemment aux toxines. En outre, les produits d’hygiène qu’elles utilisent sont souvent contaminés. Mais des solutions alternatives existent.

20 ALIMENTATION – LE PLASTIQUE DU CHAMP A L’ASSIETTE

L’industrie agroalimentaire est gourmande en plastique. Films et mousses servent à protéger la nourriture, à préserver sa fraîcheur et incitent à l’acheter. Mais l’attractivité a un prix : le plastique atterrit dans les champs et s’introduit dans notre système alimentaire.

22 HABILLEMENT – LE PRÊT-À-JETER

À première vue, les tissus fabriqués à partir de fibres synthétiques offrent de nombreux avantages : ils sont bon marché, ils sèchent vite et ils s’adaptent à toutes les morphologies. Mais ils sont eux aussi devenus des produits jetables et ils contribuent fortement au changement climatique. Sans compter qu’ils sont peut-être nocifs pour la santé.

24 TOURISME – SUR LA PLAGE, ABANDONNÉS

Plages baignées de soleil, palmiers à perte de vue… et déchets qui s’accumulent au bord de l’eau. Les touristes sont en quête de paysages immaculés, mais ils contribuent à les abîmer par leur négligence. Et les systèmes de collecte des ordures ne sont pas en mesure de suivre.

26 CHANGEMENT CLIMATIQUE – LE PLASTIQUE, MENACE POUR LE CLIMAT

Les plastiques sont parfois perçus comme moins nocifs que d’autres matières pour l’environnement, notamment en raison de leur faible poids. Mais leur formidable succès entraîne le rejet d’énormes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

28 MILIEUX AQUATIQUES – LES EAUX BLEUES PLASTIQUES

La pollution marine est principalement due aux déchets charriés par les cours d’eau, de la même façon que le « smog » vient des feux de cheminée et de ce qui provient des usines. Mais le plastique ne reste pas longtemps en pleine mer, il dérive vers les eaux peu profondes, se pose au fond ou échoue sur le rivage.

30 MÉDITERRANÉE – LES CÔTES DE PLASTIQUE

Pour lutter contre la pollution plastique en mer Méditerranée, il est indispensable de comprendre les causes de ce phénomène. En dehors des caractéristiques géographiques et démographiques, les responsabilités du tourisme mais également du commerce international de déchets doivent être analysées avec attention.

32 INDUSTRIES – FAUTE REJETÉE

Passés maîtres dans l’art du lobbying, les secteurs de la pétrochimie et des plastiques focalisent l’attention sur la gestion et le recyclage des déchets pour fuir leurs responsabilités au sujet du véritable problème : l’augmentation des quantités de plastique produites.

34 CROISSANCE ET MONDIALISATION – CAPITAL PLASTIQUE

La croissance économique que le monde connaît depuis la Seconde Guerre mondiale n’aurait pas été possible sans le plastique. Il est à la fois une conséquence de la mondialisation et l’un de ses moteurs. Et le commerce en ligne ne fait qu’accentuer la quantité de déchets.

36 « BIOPLASTIQUES » - UN ERSATZ DE SOLUTION

Les plastiques à base de matières premières renouvelables sont censés ne pas nuire à l’environnement. Ils se dégradent plus vite… aux dires des entreprises qui y sont favorables, en tout cas. Un examen approfondi montre qu’ils posent de nouveaux types de problèmes.

38 GESTION DES DÉCHETS RECYCLAGE : LA PANACÉE ?

C’est une idée fausse largement répandue : du moment que nous trions nos déchets, nous n’avons pas besoin de changer nos habitudes de consommation. Mais la réalité est tout autre : une grande partie des déchets plastiques n’est pas recyclée, mais ils sont au contraire incinérés ou rejetés dans l’environnement.

40 FRANCE – UNE ÉCONOMIE ENCORE LOIN D’ÊTRE CIRCULAIRE

La crise de la pollution plastique est mondiale et la France y contribue pleinement.  La consommation de plastique y est élevée, de manière similaire aux tendances que l’on observe dans les pays du Nord. Conséquence logique : les quantités de déchets plastiques produites en France sont considérables et ceux-ci sont rarement recyclés.

42 EXPORTATION DES DÉCHETS – FIN DE L’ÉCHAPPATOIRE ?

Que faire de nos bouteilles et de nos sacs en plastique ? C’est simple : les envoyer ailleurs. Jusqu’à récemment, les pays développés expédiaient la plupart de leurs déchets difficiles à recycler en Chine. Mais ce n’est plus possible aujourd’hui.

44 RÉCUPÉRATION DU PLASTIQUE – VIVRE DES DÉCHETS DES AUTRES

Dans de nombreux pays en développement, ce sont des ramasseurs d’ordures qui font le travail des services municipaux et des usines de traitement. Et qui remettent une part importante des déchets dans le circuit productif.

46 AFRIQUE – DES EFFORTS D’INTERDICTION, UNE HARMONISATION URGENTE

L’Afrique est le continent qui présente le pourcentage le plus élevé de pays ayant mis en place des interdictions d’utilisation de produits en plastique. Mais divers facteurs d’ordre économique, législatif ou social conduisent aujourd’hui à un bilan en demi-teinte.

48 RÉGLEMENTATION – DES SOLUTIONS AU MAUVAIS BOUT DE LA CHAÎNE

On ne manque ni d’accords ni d’initiatives pour gérer la crise du plastique, mais toutes les mesures ou presque concernent uniquement l’élimination des déchets. De plus, elles ne sont pas coordonnées et déchargent les fabricants de leurs responsabilités.

50 SOCIÉTÉ CIVILE – THEY WANT TO BREAK FREE

Le mouvement de la société civile d’ampleur mondiale baptisé « Break Free From Plastic » s’emploie à mettre fin pour de bon à cette pollution. Il a recours à l’exposition médiatique et à la transparence pour mettre la pression sur les entreprises.

52 ZÉRO DÉCHET – STOPPER LE PROBLÈME À LA SOURCE

Le recyclage ne permettra pas à lui tout seul de résoudre la crise du plastique. Nous avons besoin d’idées nouvelles qui prennent le problème à la racine. Un mouvement en plein essor montre actuellement la voie et séduit un certain nombre de villes pionnières.

54 INITIATIVES LOCALES – LA FRANCE SANS PLASTIQUE

L’ensemble de la société prend progressivement conscience des enjeux et des conséquences qui découlent de notre dépendance au plastique. Depuis quelques années, citoyens, entreprises et collectivités font émerger une multitude d’initiatives individuelles et collectives qui visent à apporter des réponses et des solutions concrètes à la crise de la pollution plastique.

56 AUTEURS ET SOURCES DES DONNÉES ET DES INFOGRAPHIES

58 À PROPOS DE NOUS