La base de la vie : sans eau, pas de vie

Atlas de l'eau 2026

L’eau est indispensable à la vie sur terre. Mais sa surexploitation, sa pollution et la crise climatique mettent en danger ses réserves au niveau mondial, ce qui a d’importantes répercussions sur les écosystèmes et les êtres humains. Pour remédier à cette situation, nous devons gérer l’eau de façon durable.

L’activité humaine perturbe le cycle de l’eau. Dans le bassin du Congo, la disparition de la forêt pluviale pourrait réduire les précipitations locales de 10 %.
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L’activité humaine perturbe le cycle de l’eau. Dans le bassin du Congo, la disparition de la forêt pluviale pourrait réduire les précipitations locales de 10 %.

Plus de 70 % de la surface du globe est aujourd’hui recouverte d’eau. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Lorsqu’elle s’est formée, la Terre était une boule de feu en fusion. Selon la théorie la plus communément admise, elle a reçu la majeure partie de son eau suite à un gigantesque bombardement de comètes et d’astéroïdes survenu il y a environ 4 milliards d’années. Ces corps célestes, venus de zones éloignées et plus froides du système solaire, étaient majoritairement composés de glace, qui s’est immédiatement transformée en vapeur d’eau au contact de l’intense chaleur de notre atmosphère. À mesure que les températures ont baissé, l’eau s’est condensée et déversée sur le sol terrestre sous forme de pluies torrentielles qui ont duré des milliers d’années. L’eau a recouvert la surface de notre planète, et les profondeurs de l’océan primitif sont devenues le lieu d’apparition de la vie.

Aujourd’hui, 97,1 % de l’eau sur terre se présente sous forme salée, principalement dans les océans. Le reste est constitué d’eau douce, dont 99,7 % est emprisonné dans les calottes glaciaires ou profondément enfoui dans le sol. Le 0,3 % restant – soit environ 120 000 kilomètres cubes d’eau douce – circule en permanence entre la terre et la mer : sous la surface et au-dessus, et sous forme solide, liquide ou gazeuse. Un cycle parfait s’accomplit, car la quantité d’eau qui tombe sur terre depuis l’atmosphère retourne tôt ou tard à la mer. Les régimes complexes de circulation atmosphérique expliquent en grande partie pourquoi l’eau douce est très inégalement répartie sur terre, tant dans l’espace que dans le temps. On en trouve moins dans les régions subtropicales et durant les périodes sèches, tandis qu’il y en a davantage aux tropiques.

L’activité humaine modifie profondément le cycle de l’eau. Dans de nombreuses régions du monde, les réserves en eau sont surexploitées ou polluées. Les écosystèmes en pâtissent, tout comme l’agriculture, l’industrie et les populations. Il devient de plus en plus difficile de garantir l’approvisionnement en eau de tous, et les exemples de situations extrêmes se multiplient. Au Pakistan, dans le nord de l’Inde et dans certaines régions des États-Unis, le niveau des nappes phréatiques a baissé de façon catastrophique, conséquence de la surexploitation. Les glaciers de toutes les chaînes montagneuses ou presque fondent à cause du réchauffement climatique. En aval, les conséquences sont terribles pour les écosystèmes et les communautés, qui souffrent d’un approvisionnement imprévisible en eau fluviale et en eau de fonte. La biodiversité vivant dans les masses d’eau ou à proximité décline très rapidement : un quart de toutes les espèces connues de poissons d’eau douce sont aujourd’hui menacées d’extinction. Les zones urbaines comme Mexico, Pékin et Le Cap subissent des pénuries d’eau, et 2,2 milliards de personnes n’ont pas régulièrement accès à une eau potable saine.

À travers leurs importations, les pays développés puisent dans l’eau virtuelle du Sud global, aggravant les pénuries d'eau dans ces régions.
À travers leurs importations, les pays développés puisent dans l’eau virtuelle du Sud global, aggravant les pénuries d'eau dans ces régions.

 

Les causes de ces situations sont aussi nombreuses que les problèmes eux-mêmes. Ainsi, la rectification des cours d’eau et l’imperméabilisation des sols augmentent l’ampleur des inondations. Le détournement des rivières et les barrages abîment les écosystèmes aquatiques, voire les détruisent. La dissémination de polluants dans le sol ou dans les masses d’eau compromet la qualité de l’eau potable. La surconsommation d’eau pour l’irrigation provoque des pénuries. Enfin, la crise climatique augmente partout la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes comme les sécheresses et les inondations.

Afin de protéger les écosystèmes aquatiques, il est important de ne pas consommer toute l’eau à notre disposition. La limite planétaire de l’eau douce joue ici un rôle capital : elle constitue un seuil critique au-delà duquel les écosystèmes risquent d’être fortement dégradés. Lorsque la consommation d’eau dépasse cette limite, la résilience de la planète face à d’autres changements environnementaux tels que la crise climatique ou la disparition des écosystèmes et de leur biodiversité se trouve amoindrie. Selon de récents calculs, la limite planétaire de l’eau douce a été franchie il y a plusieurs dizaines d’années déjà. Jusqu’à 18 % des surfaces libres de glace de la Terre (cours d’eau et sols) présentent des niveaux d’eau anormalement bas ou élevés. C’est beaucoup plus que durant la période préindustrielle.

On a longtemps pensé que les ressources en eau étaient stables et que de nouvelles réserves pourraient toujours être exploitées. Cette vision d’une eau perpétuellement abondante semble de plus en plus discutable au vu de la crise climatique. Les décideurs politiques doivent oeuvrer pour réduire la consommation d'eau et garantir une utilisation plus responsable des ressources en eau. Toutes sortes de solutions existent pour l’industrie, et plus encore pour l’agriculture. Cela va de la collecte des eaux de pluie durant les périodes humides à l’adoption de pratiques culturales qui limitent l’évaporation, en passant par l’exportation des biens à forte consommation en eau par les pays riches en eau vers les pays qui en manquent.

L’utilisation de l’eau varie selon les régions d’Europe : dans le sud, elle est avant tout consacrée à l’agriculture, tandis que partout ailleurs, c’est l’eau destinée au refroidissement des centrales qui met le plus les ressources sous tension.
L’utilisation de l’eau varie selon les régions d’Europe : dans le sud, elle est avant tout consacrée à l’agriculture, tandis que partout ailleurs, c’est l’eau destinée au refroidissement des centrales qui met le plus les ressources sous tension.


Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland (BUND), Ausstellung Durstige Güter, https://bit.ly/4fEh610.

Spektrum der Wissenschaft, Lexikon der Geowissenschaften: Wasserkreislauf, https://bit.ly/4i69mGI.

European Environment Agency (EEA), Water abstraction by source and economic sector in Europe, 2024, https://bit.ly/46JzP9h